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Rendez-vous thanatomagique

Et si on célébrait la mémoire d'un défunt ? 

L'autrice recueille votre témoignage et vous recevez quelques jours plus tard un texte écrit "sur mesure", avec un petit rituel qui l'accompagne.

Inspirée des consultations de psychomagie qu’Alexandro Jodorowsky pratique depuis une trentaine d’années, et nourrie de lectures et d’expériences sur le deuil et la mort, l’idée de ce projet est de rendre visible la relation qui continue parfois d’exister entre les vivants et les morts.

Il ne s'agit pas d'un accompagnement au deuil mais bien d'une performance artistique

Cette œuvre éphémère prend vie au travers d’un rituel prescrit au spectateur au moment de la restitution du texte.

A l’issue de ce rituel, le spectateur peut, s’il le désire, écrire une lettre à l’auteur pour lui raconter son expérience.

Jodorowsky a perdu son fils alors qu’il était déjà un artiste reconnu. Après cette épreuve, il y a eu cette évidence pour lui que sa notoriété n’avait pas de sens s’il ne mettait pas son art et sa force créatrice au service de l’autre.

Je n’ai ni sa notoriété, ni l’étendue de son savoir (tarots, psychogénéalogie, psychanalyse) mais j’aimerais me servir de ma plume et de mon expérience et mon analyse du deuil et de la mort pour inviter le spectateur à partager un acte créatif.

Ce projet s’inscrit dans la suite logique de mon parcours. J’ai déjà travaillé à la production de textes courts personnalisés dans le cadre d'une performance pour un spectateur (« Prédimaton ») et ma dernière création (« Mouchka ») invite le spectateur, au travers d’un débat philosophique, à questionner son rapport aux absents.

 

« Dans la région ouest du Cameroun, on fait une distinction entre les obsèques, le deuil et les funérailles. Le deuil est entendu comme la période qui précède les funérailles, qui n’auront lieu, qu’un an, voire une dizaine d’années après le décès.  Il est une phase intermédiaire entre le départ dans la mort du défunt et son retour en tant qu'ancêtre. La vie reprend son cours, mais le souvenir du défunt est encore vécu douloureusement. Les funérailles marqueront les retrouvailles joyeuses avec le défunt. A la fin de ces funérailles, vivants et morts sont apaisés. Les vivants ne pleurent plus leur disparu, et ce dernier se sent chaleureusement accompagné dans son voyage vers l'ancestralité. » (in « Le culte des crânes chez les Bamiléké » Roger Kuipou)

 

Résidence de création dans le cadre des bouffées d'art du 20 mai au 21 juin 2020 : https://lesbouffeesdart.org/

Le Théâtre de Laval : 5 septembre 2020 : les bouffées d'art en tournée